Don d’organe : une décision qui fait peur
3 mai 2010 dans Non classé
Je tiens tout d’abord à préciser que mon article ne vise pas à influencer une quelconque décision personnelle en faveur du don d’organe, loin de moi cette idée. Mon but est purement informatif, car nombre de personne se posent bien des questions sur ce sujet plus ou moins tabou. Chacun reste libre de donner ou non ses organes après la mort, mais il est nécessaire d’en discuter avec sa famille, afin qu’elle puisse, en cas de drame, faire valoir votre volonté.
Je vais donc tenter, en tant que donneuse avertie, de répondre au mieux aux questions que l’on se pose le plus souvent avant de prendre une décision :
- Qu’est ce qu’une greffe ?
Une greffe (ou transplantation) est une opération chirurgicale qui consiste à remplacer un organe ou un tissus malade par un greffon, c’est à dire un organe sain, provenant d’un donneur. On parle d’autogreffe lorsque le sujet malade est son propre donneur (pratiquée surtout pour les tissus).
- Quels sont les organes transplantés ?
De son vivant, les organes les plus transplantés sont les reins, généralement
provenant du cercle familial, car la compatibilité est plus élevée. Cette transplantation permet de sauver beaucoup de vie, mais aussi d’éviter de lourds traitements comme la dialyse. On pratique également des greffes de foie (ou transplantation hépatique), plus précisément une partie de celui-ci, car il a la capacité de se régénérer de lui même. La greffe de moelle osseuse, quand à elle, permet la reconstruction et la régénération de la moelle osseuse et le maintien d’une production normale de ses cellules. Elle permet la survie des patients, et souvent, elle est leur seule voie de guérison. On peut également faire un don de peau (en cas de brûlures), de fragments osseux, et plus rarement, de lobes pulmonaires (poumons).
En cas de mort encéphalique, les organes prélevées sont le coeur, le foie, les reins, les poumons, le pancréas, les os (cartilage), la cornée (pas les yeux, juste la membrane transparente du globe oculaire située devant l’iris) et la peau.
- Qu’est ce que la mort encéphalique ?
Plus communément appelée « mort cérébrale » ou « coma dépassé ». la mort encéphalique caractérise l’état où l’activité cérébrale du malade à cessé définitivement de fonctionner et de manière irréversible, malgré les efforts des médecins pour le sauver. Le patient est alors considéré comme mort car il est engagé vers une mort définitive. Seules les fonctions de l’organisme sont maintenues grâce aux processus de réanimation moderne, permettant ainsi le maintient en vie des organes.
- Pour ou contre le don d’organes, que dois-je faire ?
Il est très important que vous en discutiez avec votre famille. Vos proches doivent être au courant de votre position vis à vis du don d’organe. Face à une telle situation, difficile pour eux de prendre une décision à votre place, surtout s’ils ne connaissent pas votre point de vue sur le sujet. Le don d’organe est encore un sujet tabou, et c’est compréhensible, car cela nous confronte à la mort. N’hésitez pourtant pas à aborder le sujet.
Si vous êtes pour le don d’organe, il faut en informer en priorité vos proches afin qu’ils témoignent de votre volonté. Vous pouvez également porter sur vous une carte de donneur d’organes, que vous pouvez obtenir sur le site de FRANCE ADOT (Association pour le Don d’Organes et de Tissus). Elle n’est pas obligatoire mais facilite les démarches.
Si vous refusez catégoriquement que l’on vous prélève des organes à votre mort, là aussi, faites le savoir à vos proches. Vous avez également la possibilité de vous inscrire sur le registre national des refus. Ce document a une valeur légale; aucun prélèvement ne sera pratiqué si vous êtes enregistré.

